AU FIL DES SEMAINES > L’IDÉE REÇUE DE LA SEMAINE – Africains : « Tous polygames ! »

« Les Africains sont tous polygames. » À force d’entendre cette contre-vérité, certains Africains, avec un grand sens de l’humour, ont fini par trouver une réplique imparable : « Et François Mitterrand, il n’était pas polygame ? C’était un Africain ? » Allusion à la réputation d’homme à femmes laissée par l’ancien président français. À y regarder de près, une vérité s’impose : l’on prête trop aux Africains. Ne dit-on pas qu’ils ont des membres virils hors normes et, par conséquent, une vie sexuelle débridée? D’où leur propension à avoir plusieurs femmes, au nom de coutumes sans doute obsolètes.

Chacun a encore en mémoire la sortie, pour ne pas dire l’ineptie, en novembre 2005, au moment où les banlieues françaises s’embrasaient, de l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse. Pour l’historienne, les émeutes étaient provoquées par des enfants africains ou d’origine africaine issus de foyers polygames !

La polygamie existe en Afrique, mais tous les Africains ne peuvent pas être polygames. Et n’est pas polygame qui veut : il faut en avoir les moyens et les aptitudes. Le musulman, par exemple, est autorisé à se marier avec quatre femmes au maximum. Toutefois, vu la difficulté pour lui d’être équitable envers toutes ses compagnes, il lui est recommandé de préférer la monogamie.

Avoir plus d’une femme découle aussi, dans certaines traditions, d’une volonté de nouer des alliances politiques, sociales ou économiques avec d’autres clans, d’autres familles, d’autres villages et communautés. Pouvoir et prestige sont ainsi renforcés. Sur le plan économique, le nombre des épouses et des enfants augmente la force de travail pour les activités agricoles ou le commerce. Plus il y a de bras, mieux c’est pour le foyer.

Certaines coutumes contraignent à la polygamie. C’est le cas du lévirat, pratique qui consiste pour un homme, même marié, à hériter de la femme d’un membre de sa famille décédé. Il se pose alors la question de savoir si, dans ces conditions, la femme n’est pas considérée comme un simple objet qui passe d’une main à l’autre, sans qu’on lui demande son avis. Mais ceux qui observent le lévirat sont persuadés que c’est un moyen de solidifier l’édifice familial et d’assurer l’avenir de la veuve. Et, surtout, de ses enfants.

Il y a aussi des situations où le passage d’un monogame à la polygamie est imposé par sa propre épouse quand, après de longues années de mariage, elle ne lui a pas donné d’enfant. C’est elle qui décide de chercher une femme plus jeune pour que son mari ait une descendance.

À quoi s’ajoutent des effets de mode. Aujourd’hui, être à la tête d’un harem en milieu urbain est la démonstration, de la part du cadre, du fonctionnaire ou de l’homme d’affaires, d’une réussite sociale indéniable. Quoi de mieux pour lui d’étaler ses femmes comme il étale ses biens !

Et les femmes dans tout cela ? Les vicissitudes de la vie sont telles que, en général, elles n’ont pas le choix. Plutôt que de vouloir à tout prix un mari pour elles seules, elles se montrent réalistes en acceptant de le partager, même si le regard de la société sur les femmes célibataires est de plus en plus indulgent. Et puis, avoir un statut reconnu est plus sécurisant.

Les Africains, dont la sensualité serait sans bornes, rétorquent qu’ils ne sont pas différents du reste de l’humanité. Mais ce qui les distingue des autres, c’est leur capacité à briser les tabous, à vivre sans hypocrisie. Alors que des Occidentaux entretiennent plusieurs maîtresses et n’osent pas montrer leur vrai visage au grand jour.

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